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AEFE: une réforme d'ensemble et structurelle - Propositions de la sénatrice Samantha Cazebonne

AEFE: une réforme d'ensemble et structurelle - Propositions de la sénatrice Samantha Cazebonne

Revue par Patricia Connell, Conseillère des Français du Royaume-Uni et ancienne Présidente du Conseil consulaire

"Le 19 janvier 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a confié une mission temporaire à la sénatrice Samantha Cazebonne, sénatrice des Français de l’étranger, concernant la réforme de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). Dans ce cadre, elle a remis au gouvernement, le 17 juin 2026, un rapport intitulé « Refonder l’AEFE pour accompagner l’avenir de l’enseignement français à l’étranger », comprenant 44 recommandations visant à restructurer et moderniser le modèle économique ainsi que le fonctionnement global de l’Agence. Ce travail s’inscrivait dans une réflexion plus large sur l’avenir du réseau de l’enseignement français à l’étranger et sur ses équilibres financiers. 

Implanté dans 138 pays, le réseau de l’enseignement français à l’étranger scolarise plus de 400 000 élèves à la rentrée 2025 dans plus de 610 établissements. Concernant son organisation, il se compose de trois catégories d’établissements : les établissements en gestion directe, les établissements conventionnés et les établissements partenaires. Tous sont homologués par le ministère de l’Éducation nationale, mais leur mode de gestion diffère. Les établissements en gestion directe sont administrés directement par l’AEFE, les établissements conventionnés sont gérés conjointement par l’Agence et un organisme gestionnaire local, tel qu’une association, tandis que les établissements partenaires disposent d’une plus grande autonomie et sont principalement gérés localement tout en restant intégrés au réseau d’enseignement français à l’étranger. 

Le rapport met aussi en évidence un constat global de fragilité du modèle actuel, en particulier sur le plan financier. Il souligne que l’AEFE fait face à des tensions structurelles liées à l’évolution de ses coûts, notamment la masse salariale et les charges liées au fonctionnement du réseau. Sans oublier que la subvention pour charges de service public de l’AEFE a diminué d’environ 60 millions d’euros entre 2024 et 2026, alors même que les dépenses de personnel et les besoins d’investissement du réseau continuent de progresser. Il insiste également sur le fait que les augmentations successives des frais de scolarité pèsent de plus en plus sur les familles, en particulier les familles de classes moyennes, ce qui pose la question de l’accessibilité du réseau à moyen et long terme. Le rapport, comprenant 384 pages, relève aussi d’autres inégalités qui persistent entre établissements, entre catégories de personnels et entre pays, et qui se sont progressivement installées au fil des années. 

Dans la partie consacrée aux propositions d’une « nouvelle AEFE », les constats établis par le rapport conduisent d’abord à proposer de stabiliser et de rendre plus transparent le modèle de financement de l’AEFE afin d’éviter une hausse continue des frais de scolarité. Il suggère également de simplifier les mécanismes financiers et d’en améliorer la lisibilité, afin de renforcer la compréhension globale du système par les familles et les établissements. Par ailleurs, une attention particulière est portée aux aides à la scolarité, avec l’idée de mieux soutenir les classes moyennes et d’adapter les dispositifs existants pour les rendre plus équitables et plus cohérents. Le rapport insiste aussi sur la nécessité d’améliorer le pilotage des effectifs et des dépenses, ainsi que sur une meilleure anticipation budgétaire pour limiter les déséquilibres structurels, où dans des pays comme le Maroc ou le Liban, la hausse des coûts de scolarité exerce une pression particulièrement forte sur les familles et les établissements. 

Au-delà des aspects financiers, le rapport propose également une évolution plus approfondie de l’organisation de l’AEFE. Il évoque une réforme de la gouvernance afin de clarifier les responsabilités entre les différents acteurs institutionnels et d’améliorer la coordination entre les ministères concernés. Il suggère de même une réflexion sur une réorganisation interne plus stratégique du réseau, avec une distinction plus nette entre les fonctions de gestion opérationnelle et celles liées au développement international et au rayonnement du réseau, afin de renforcer l’image de l’enseignement français dans le monde. 

Samantha Cazebonne conclut son rapport sur le constat que l’enseignement français à l’étranger constitue aujourd’hui un outil stratégique majeur du rayonnement, de l’influence et de la diplomatie éducative de la France. Toutefois, des éléments tels que les profondes évolutions du contexte international, la concurrence croissante des grands réseaux éducatifs mondiaux ou encore les contraintes budgétaires structurelles imposent désormais une transformation du modèle. 

Je pense que ce rapport est appelé à devenir un document de référence pour les prochaines années. Il ne se contente pas de critiquer le fonctionnement actuel : il propose une réforme d’ensemble articulée autour de 43 recommandations, fondées sur un très grand nombre d’auditions (familles, personnels, élus, établissements, administrations et inspections générales). "

Patricia Connell, Conseillère des Français du Royaume-Uni et ancienne Présidente du Conseil Consulaire

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