45è session de l'Assemblée des Français de l'étranger: des alliances qui bousculent les clivages politiques
Du 12 au 16 octobre, les 90 conseillers de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) se sont réunis à Paris pour installer la nouvelle mandature.
L’AFE représente les Français établis hors de France auprès des pouvoirs publics. Elle travaille sur des sujets aussi variés que les services consulaires, l’enseignement français, la fiscalité, les retraites, la protection sociale, le développement économique et la sécurité.
Cette première session devait permettre d’élire la nouvelle présidence, de constituer les commissions et de répartir les responsabilités.
Sur le papier, rien de très compliqué. Dans les faits, les choses ont été nettement plus mouvementées !
Mais d’abord, qui représente qui à l’AFE ?
Pour comprendre ce qui s’est passé, voici les cinq groupes politiques qui composent désormais l’Assemblée :

Quand la gauche, LFI, LR et Les Libres et Indépendants trouvent un terrain d’entente
La grande surprise de cette première session a été la constitution d’une majorité réunissant trois groupes aux sensibilités politiques pourtant très différentes :
- Les Progressistes, Écologistes et Solidaires : 36 élus ;
- DeFIA, regroupant notamment des élus LR : 12 élus ;
- Les Libres et Indépendants, proches d’Olivier Cadic : 10 élus.
Soit 58 élus sur 90, près des deux tiers de l’Assemblée.
Des élus socialistes, écologistes, insoumis, de droite et du centre droit se sont donc retrouvés dans une même coalition pour organiser la gouvernance de l’AFE.
La France insoumise ne compte que sept élus, soit moins de 8 % de l’Assemblée. Pourtant, au sein du groupe PES, elle participe à cet ensemble majoritaire soutenu notamment par des élus LR et par Les Libres et Indépendants.
Ces rapprochements, que notre groupe ALICE considère comme des « alliances contre nature », interrogent sur la cohérence des positions politiques affichées par ces différentes formations.
Chaque groupe est libre de rechercher des accords. Mais il est également légitime que les électeurs comprennent comment ces alliances se construisent et quelles en sont les conséquences.
Et la proportionnalité dans tout cela ?
Cette majorité a permis l’élection de Baptiste Heintz à la présidence de l’AFE, ainsi que de Radya Rahal et Christophe Lejeune aux vice-présidences.
Elle a également joué un rôle déterminant dans la répartition des responsabilités.
Sur les six présidences de commission :
- Cinq ont été attribuées aux groupes de la majorité ;
- Une a été attribuée au groupe Solidaires et Indépendants, fort de 18 élus ;
- Aucune n’a été attribuée à notre groupe ALICE, composé de dix élus.
ALICE a toutefois obtenu deux vice-présidences de commission et un siège au bureau de l’AFE.
Notre désaccord porte sur la méthode de répartition des responsabilités et sur l’application du principe de proportionnalité prévu par le règlement intérieur.
Une majorité démocratiquement constituée peut naturellement élire ses représentants. Mais nous estimons que la place accordée aux autres groupes doit aussi tenir compte de leur importance numérique.
La taille des commissions a également posé problème, certaines comptant initialement beaucoup moins de membres que d’autres.
Les discussions ont parfois été tendues. Nous avons demandé davantage de transparence, un rééquilibrage des commissions et le respect des règles communes.
Le règlement intérieur devra encore faire l’objet de travaux. Nous y serons particulièrement attentifs.
Car notre objectif est de pouvoir travailler efficacement au service des Français de l’étranger.